# Sécurité électrique à la maison : les vérifications essentielles à faire

L’installation électrique domestique représente l’un des systèmes les plus critiques de votre habitation, pourtant souvent négligé jusqu’à l’apparition d’un dysfonctionnement. Chaque année en France, près de 50 000 incendies d’origine électrique sont recensés, causant des dégâts matériels considérables et mettant en danger la vie des occupants. Au-delà des risques d’incendie, une installation vétuste ou défaillante expose quotidiennement les habitants à des dangers d’électrocution, de court-circuit ou de surcharge. La vérification régulière de votre système électrique n’est donc pas une simple formalité administrative, mais une nécessité vitale pour protéger votre famille et vos biens. Selon l’Observatoire National de la Sécurité Électrique, 83% des installations de plus de 15 ans présentent au moins une anomalie électrique significative, un chiffre qui souligne l’urgence d’adopter une démarche proactive en matière de sécurité électrique.

Diagnostic du tableau électrique et des disjoncteurs différentiels

Le tableau électrique constitue le cœur névralgique de votre installation domestique. C’est à partir de ce point central que l’ensemble des circuits de votre habitation sont alimentés et protégés. Un tableau conforme aux standards actuels doit comporter plusieurs niveaux de protection pour garantir la sécurité des personnes et des biens. L’examen visuel initial permet déjà de déceler certaines anomalies évidentes : traces de brûlure, boîtier endommagé, câblages désorganisés ou modules hétérogènes témoignent généralement d’une installation bricolée ou obsolète.

Vérification de la conformité aux normes NF C 15-100

La norme NF C 15-100 définit les règles de conception, de réalisation et d’entretien des installations électriques basse tension en France. Cette réglementation impose notamment la présence d’un disjoncteur général facilement accessible, idéalement situé à l’intérieur du logement, entre 0,90 m et 1,80 m du sol. Ce dispositif doit permettre de couper instantanément l’alimentation électrique de l’ensemble de l’habitation en cas d’urgence. Le tableau doit également être équipé d’une réserve de place suffisante pour accueillir de futurs circuits, anticipant ainsi les évolutions de vos besoins électriques. Chaque départ de circuit nécessite une identification claire par étiquetage, mentionnant précisément la pièce ou les équipements alimentés. Cette organisation méthodique facilite grandement les interventions de maintenance et les dépannages d’urgence.

Test de fonctionnement des interrupteurs différentiels 30ma

Les interrupteurs différentiels 30mA représentent votre principale protection contre les risques d’électrocution. Ces dispositifs détectent les fuites de courant et coupent instantanément l’alimentation dès qu’une anomalie est identifiée. Le test de fonctionnement s’effectue simplement en appuyant sur le bouton « Test » présent sur chaque module. Si le mécanisme fonctionne correctement, la manette doit s’abaisser immédiatement, coupant l’alimentation des circuits protégés. Ce test devrait être réalisé mensuellement pour garantir la fiabilité du système. La norme impose au minimum deux interrupteurs différentiels par habitation, de types A et AC. Le type A protège spécifiquement les circuits alimentant les appareils sensibles comme les plaques de cuisson, le lave-linge ou les bornes de recharge pour véhicules électriques. Ch

aque interrupteur différentiel doit protéger un nombre limité de circuits (généralement 8 au maximum), afin d’éviter qu’un défaut sur un seul circuit ne prive de courant tout le logement. Si vos interrupteurs différentiels ne sont pas clairement identifiés (type, calibre, circuits associés) ou s’ils datent de plusieurs décennies, une mise à niveau s’impose pour assurer une protection efficace contre les chocs électriques.

Identification des circuits non protégés par disjoncteur divisionnaire

Chaque circuit d’une installation électrique moderne doit être protégé par un disjoncteur divisionnaire adapté à la section des conducteurs et à l’usage du circuit (éclairage, prises, chauffage, électroménager, etc.). Dans de nombreux logements anciens, on trouve encore des circuits protégés par des fusibles à cartouche ou, pire, des dérivations sans aucune protection dédiée. Un simple coup d’œil à votre tableau permet déjà de repérer les anomalies : rangées incomplètes, pontages hasardeux, fusibles de calibre inadapté ou présence de « porte-fusibles à broches » très anciens.

Pour vérifier si un circuit est bien protégé, vous pouvez suivre visuellement les départs du tableau et comparer leur nombre au nombre de pièces et d’équipements importants de votre logement. Par exemple, un circuit prises cuisine, un circuit plaques de cuisson, un circuit lave-linge ou encore un circuit chauffe-eau devraient chacun disposer de leur propre disjoncteur. Si plusieurs usages puissants semblent regroupés sur un même disjoncteur, ou si certains équipements n’apparaissent sur aucune étiquette, il est probable que des circuits non ou mal protégés existent. Dans ce cas, une réorganisation complète du tableau et la création de circuits dédiés par un professionnel seront souvent nécessaires pour sécuriser l’installation.

Contrôle de l’étiquetage et du repérage des circuits électriques

Un tableau électrique sûr n’est pas seulement bien protégé, il doit aussi être lisible. L’étiquetage des circuits est un point souvent négligé, mais essentiel en cas de dépannage, de travaux ou d’urgence. Chaque disjoncteur divisionnaire doit être identifié de manière claire et durable : « prises cuisine », « éclairage séjour », « lave-linge », « chauffage chambres », etc. Une mention vague comme « prises » ou « divers » complique toute intervention et augmente le risque d’erreur lors de coupures ciblées.

Profitez de votre contrôle de sécurité électrique pour vérifier la cohérence entre les étiquettes et la réalité des circuits. Vous pouvez, par exemple, couper un disjoncteur à la fois et observer quelles prises ou quels points lumineux sont désactivés. Ce travail de repérage, un peu fastidieux, est pourtant précieux pour constituer un schéma clair de votre installation. En cas d’incident, vous gagnerez un temps précieux pour isoler rapidement la bonne partie du réseau sans priver inutilement tout le logement d’électricité.

Inspection des prises de terre et liaisons équipotentielles

La prise de terre et les liaisons équipotentielles constituent la colonne vertébrale de la sécurité électrique d’une habitation. Sans une terre efficace, même les meilleurs disjoncteurs différentiels ne peuvent pas jouer pleinement leur rôle. Or, dans les logements construits avant les années 1990, la mise à la terre est souvent partielle, dégradée, voire totalement absente sur certains circuits. Vérifier la qualité de la terre n’est donc pas un luxe, mais une étape incontournable pour sécuriser durablement votre installation.

Mesure de la résistance de prise de terre avec ohmmètre

Techniquement, la sécurité d’une prise de terre se mesure par sa résistance, exprimée en ohms (Ω). En France, pour une habitation standard protégée par des interrupteurs différentiels 30 mA, on vise généralement une résistance de terre inférieure à 100 Ω. Plus cette valeur est faible, plus le courant de défaut peut s’évacuer rapidement vers le sol, permettant au dispositif différentiel de se déclencher avant que la tension ne devienne dangereuse pour une personne.

La mesure précise de cette résistance nécessite un appareil spécifique (contrôleur de terre ou testeur de boucle) et des procédures normalisées. Un simple multimètre domestique ne suffit pas pour ce contrôle. Vous pouvez toutefois demander à un électricien de réaliser ce test lors d’un audit de sécurité électrique ou d’un diagnostic électrique obligatoire. En cas de valeur trop élevée, des travaux seront à envisager : amélioration de la prise de terre existante, ajout de piquets supplémentaires, contrôle du conducteur de terre et des connexions au tableau.

Vérification du conducteur de protection PE dans les circuits

Le conducteur de protection, souvent appelé « fil de terre » et identifié par sa gaine vert/jaune, doit accompagner chaque circuit de votre installation, des prises et luminaires jusqu’au tableau électrique. Dans de nombreux logements anciens, on trouve encore des circuits sans conducteur de protection, notamment pour l’éclairage ou certaines prises murales. Visuellement, l’absence de fil vert/jaune dans une boîte de dérivation, derrière une prise ou dans un luminaire est un premier indicateur d’installation non sécurisée.

Vous pouvez retirer prudemment la plaque d’une prise (après avoir coupé le courant au tableau) pour vérifier la présence de ce conducteur de protection. S’il est absent, la prise ne peut pas être correctement reliée à la terre, même si elle possède une borne de terre apparente. Cette situation est particulièrement problématique dans les pièces humides ou pour les appareils de classe I (avec carcasse métallique). À terme, la création d’un conducteur de protection dédié, ou la reprise complète du circuit, sera indispensable pour atteindre un niveau de sécurité satisfaisant.

Contrôle des liaisons équipotentielles principales et supplémentaires

Les liaisons équipotentielles ont pour rôle d’égaliser les potentiels électriques entre les éléments conducteurs (tuyaux métalliques, structures, masses d’appareils) afin d’éviter qu’une personne ne se retrouve entre deux points à des tensions différentes. On distingue la liaison équipotentielle principale, généralement située au niveau du tableau ou du local technique, et les liaisons équipotentielles supplémentaires, notamment dans les salles d’eau.

Dans la pratique, la liaison équipotentielle principale relie les canalisations métalliques (eau, gaz), les structures métalliques du bâtiment et le conducteur de terre au bornier principal de mise à la terre. Dans une salle de bain, par exemple, une liaison équipotentielle supplémentaire vient relier localement les éléments métalliques accessibles en même temps (tuyaux, baignoire métal, radiateur, armatures). Vous pouvez repérer ces liaisons grâce aux fils vert/jaune fixés par des colliers de serrage sur les tuyaux. Leur absence ou leur mauvais état (conducteur sectionné, collier desserré) doit alerter : un contrôle complet par un professionnel permettra de remettre ces liaisons en conformité avec la norme NF C 15-100.

Test de continuité de la terre sur les appareillages métalliques

Même si la prise de terre générale est correcte, encore faut-il que la continuité de la terre soit assurée jusqu’aux appareils et aux éléments métalliques concernés. Un test de continuité consiste à vérifier que la liaison entre un point donné (carcasse d’un appareil, tuyau, radiateur) et le bornier de terre présente une résistance proche de zéro. Les électriciens utilisent pour cela un ohmmètre ou un contrôleur d’installation capable de mesurer de très faibles résistances.

Pour un particulier, le plus important est de repérer les situations manifestement dangereuses : appareil métallique de classe I branché sur une prise sans terre, radiateur électrique ancien sans conducteur de protection, luminaire métallique raccordé sur un circuit dépourvu de fil vert/jaune, etc. Dans ces cas de figure, mieux vaut cesser immédiatement l’utilisation de l’équipement incriminé et faire vérifier l’ensemble du circuit. Une bonne continuité de la terre, c’est un peu comme une ceinture de sécurité : on ne la voit pas, mais elle doit être fiable à 100 % le jour où survient un incident.

Contrôle des installations dans les zones à risque électrique

Certaines pièces de la maison présentent un risque électrique accru en raison de la présence d’eau, de vapeur ou d’appareils très puissants. C’est notamment le cas de la salle de bain, de la cuisine et de certains locaux techniques. Dans ces zones, la norme NF C 15-100 impose des prescriptions spécifiques (volumes de sécurité, indices de protection, circuits dédiés, dispositifs de coupure d’urgence) qu’il est essentiel de respecter pour limiter les risques d’électrocution ou d’incendie.

Vérification des volumes de sécurité dans la salle de bain selon NF C 15-100

La salle de bain est la pièce la plus sensible, car le corps humain y est souvent humide, donc plus conducteur. Pour cette raison, la norme NF C 15-100 découpe l’espace autour de la baignoire ou de la douche en volumes de sécurité (0, 1, 2 et hors volume), chacun avec ses règles d’implantation des matériels électriques. Plus on se rapproche du point d’eau, plus les contraintes sont fortes. Par exemple, dans le volume 0 (intérieur de la baignoire ou du receveur), seuls certains équipements très spécifiques à très basse tension sont autorisés.

Concrètement, vous devez vérifier qu’aucune prise de courant 230 V, aucun interrupteur mural classique ni aucun appareil non prévu à cet effet ne se trouve à proximité immédiate de la baignoire ou de la douche. Un lave-linge ou un sèche-linge doit être installé en dehors des volumes 1 et 2, c’est-à-dire à au moins 60 cm du bord de la baignoire ou du receveur de douche. Les radiateurs sèche-serviettes, les luminaires et les ventilations doivent être choisis avec un indice de protection adapté (IP renforcé) et installés dans les volumes autorisés. Si vous constatez la présence de prises ou d’appareils trop proches du point d’eau, une mise en sécurité doit être envisagée sans attendre.

Inspection des indices de protection IP dans les pièces humides

L’indice de protection (IP) d’un appareil électrique indique sa résistance à la pénétration des corps solides (poussière) et des liquides. Il se présente sous la forme IPXX, où chaque chiffre a une signification. Dans les pièces humides comme la salle de bain, la buanderie ou certaines zones de la cuisine, choisir des équipements avec un IP adapté est primordial. Plus l’appareil est exposé aux projections d’eau, plus l’indice IP requis est élevé.

Lors de votre inspection, regardez les marquages sur les luminaires, les ventilateurs, les prises et les appareils muraux : ils doivent mentionner un indice IP (par exemple IP44, IP55, etc.). Un luminaire non adapté au plafond d’une douche ou une prise sans protection à proximité d’un évier constituent des risques évidents. En cas de doute, il est préférable de faire remplacer ces équipements par des modèles spécifiquement prévus pour les zones humides, conformes aux volumes définis par la norme NF C 15-100. C’est un peu comme choisir des vêtements : on ne porte pas les mêmes chaussures sous la pluie que par temps sec, il en va de même pour le « niveau d’étanchéité » de vos appareils électriques.

Contrôle des dispositifs de coupure d’urgence en cuisine

La cuisine concentre de nombreux appareils puissants ( plaques de cuisson, four, lave-vaisselle, réfrigérateur, petits électroménagers) sur une surface relativement réduite. Cette densité d’équipements impose une organisation rigoureuse des circuits et la présence de dispositifs permettant de couper rapidement l’alimentation en cas de problème. Même si la norme ne parle pas toujours de « coupure d’urgence » au sens strict pour les particuliers, disposer d’un moyen simple pour isoler les principaux circuits de cuisson est un atout sécurité non négligeable.

Idéalement, les plaques de cuisson électriques ou à induction doivent être raccordées sur un circuit dédié, protégé par un disjoncteur de 32 A (en monophasé) et, dans certains configurations, commandé par un dispositif de coupure accessible. Les gros appareils (four, lave-vaisselle, lave-linge) doivent chacun bénéficier de leur propre circuit spécialisé. Vérifiez au tableau que ces circuits sont clairement identifiés et distincts des circuits prises « classiques » du plan de travail. Sur le plan pratique, assurez-vous aussi que vous pouvez facilement débrancher un appareil ou couper son alimentation en cas de dysfonctionnement ou de début d’odeur de brûlé.

Détection des signes de vétusté et de surcharge électrique

Une installation électrique dangereuse n’est pas toujours visible à l’œil nu, mais certains signes de vétusté ou de surcharge doivent vous alerter. Comme un tableau de bord qui clignote sur une voiture, ces indices sont autant de messages d’alerte qu’il ne faut pas ignorer. Bruits anormaux, odeurs de chaud, disjonctions répétées, appareils qui fonctionnent mal ou scintillement des lumières peuvent trahir un réseau sous-dimensionné ou en fin de vie.

Identification des fils électriques en tissu et conducteurs sans gaine de protection

Dans les logements anciens, on rencontre encore parfois des fils en tissu ou en caoutchouc, vestiges de très vieilles installations. Ces conducteurs, souvent dépourvus de gaine moderne en PVC, se dessèchent, se craquellent et perdent leurs propriétés isolantes avec le temps. Ils représentent un réel danger de défaut d’isolement, de court-circuit et d’électrisation. De même, des fils rigides ou souples qui courent à nu le long des plinthes, sans gaine ni moulure de protection, ne répondent plus aux exigences minimales de sécurité.

Lors de votre inspection, observez l’état des câbles visibles dans les caves, les combles, les garages ou derrière certains appareils. Si vous voyez des gaines fendues, des isolants craquelés, des fils en tissu ou des raccords apparents, considérez que l’installation est vétuste. La norme NF C 15-100 impose aujourd’hui une protection mécanique de tous les conducteurs : gaines encastrées, conduits rigides, moulures ou plinthes techniques. Une rénovation complète des circuits concernés sera alors la seule solution fiable pour retrouver un niveau de sécurité acceptable.

Repérage des points de connexion oxydés et des dominos défectueux

Les points de connexion (boîtes de dérivation, bornes de raccordement, dominos, wagos) sont des zones sensibles de l’installation électrique. Avec le temps, les vis peuvent se desserrer, les contacts s’oxyder ou noircir, générant des mauvais serrages et donc des échauffements locaux. L’utilisation de dominos de mauvaise qualité, mal dimensionnés ou mal serrés, est une cause fréquente de pannes et, dans les cas extrêmes, de départs de feu.

Sans ouvrir vous-même les boîtes de dérivation (ce qui doit être réservé à un professionnel), vous pouvez déjà repérer des signes extérieurs d’anomalies : couvercles noircis, traces de chaleur autour d’un boîtier, odeurs suspectes à proximité d’un plafonnier ou d’un luminaire encastré. Dans les zones accessibles (par exemple derrière un luminaire que vous démontez pour le remplacer), vérifiez l’état des connexions : les fils doivent être bien serrés, sans brins de cuivre apparents, et les dispositifs de raccordement doivent porter un marquage conforme. En cas de doute, mieux vaut faire reprendre toutes les connexions par un électricien, qui utilisera des bornes adaptées et procédera à un serrage au couple recommandé.

Analyse des traces de surchauffe sur prises et interrupteurs

Une prise de courant ou un interrupteur qui chauffe de manière anormale est un signal d’alarme à ne jamais négliger. Des traces de brunissement, de jaunissement, voire de noircissement sur le plastique, des déformations, un aspect « fondu » autour des broches de prise ou un léger bourdonnement au niveau d’un interrupteur indiquent souvent une surcharge, un mauvais contact ou un matériel inadapté à la puissance demandée.

Si vous constatez ce type de symptômes, débranchez immédiatement les appareils concernés et évitez d’utiliser la prise ou l’interrupteur incriminé. Ces points doivent être contrôlés rapidement par un professionnel, qui vérifiera le serrage des conducteurs, l’état du câblage et remplacera, si nécessaire, l’appareillage ainsi que la partie de circuit endommagée. Rappelez-vous qu’un incendie domestique peut débuter par une simple prise trop sollicitée ou un bloc multiprise de mauvaise qualité laissé en permanence sous charge.

Évaluation de la capacité du compteur face à la puissance consommée

La sécurité électrique ne dépend pas seulement de l’état des fils et des prises : elle est aussi liée à l’adéquation entre la puissance disponible (abonnement, disjoncteur de branchement) et vos usages quotidiens. Un compteur calibré trop juste par rapport à la puissance réellement consommée entraînera des disjonctions fréquentes, signe que votre installation est régulièrement sollicitée au maximum de ses capacités. À long terme, cette situation peut accentuer l’usure des équipements et masquer des problèmes de répartition de charge entre les circuits.

Pour évaluer cette adéquation, commencez par relever la puissance de votre abonnement (3, 6, 9 kVA ou plus) et recensez les gros consommateurs d’énergie de votre logement : chauffage électrique, chauffe-eau, cuisson, électroménager, bornes de recharge, etc. Si vous êtes obligé de jongler en permanence entre les appareils pour éviter que « tout saute », il peut être judicieux de demander à votre fournisseur une augmentation de puissance, mais aussi de faire vérifier la répartition des circuits sur le tableau. Un électricien pourra équilibrer les charges entre les différentes rangées et, si besoin, proposer la création de nouveaux circuits pour soulager les lignes existantes.

Audit des appareils électriques et de leur raccordement

Même avec une installation fixe conforme et bien entretenue, la sécurité électrique dépend aussi des appareils que vous branchez au quotidien : électroménager, outillage, informatique, éclairage, etc. Un appareil défectueux, mal raccordé ou inadapté au milieu dans lequel il est utilisé peut compromettre la sécurité de toute l’installation. Il est donc important d’intégrer à votre vérification régulière un audit des équipements et de leurs câbles d’alimentation.

Vérification de la classe de protection des équipements classe I et classe II

Les appareils électriques sont classés selon leur mode de protection contre les chocs électriques. Les équipements de classe I (symbole de la terre) disposent d’une borne de mise à la terre et doivent impérativement être raccordés à une prise avec terre fonctionnelle. C’est souvent le cas des gros électroménagers (lave-linge, lave-vaisselle, fours métalliques) ou de certains luminaires. Les appareils de classe II (double isolation), reconnaissables à un symbole représentant deux carrés concentriques, ne nécessitent pas de raccordement à la terre car leur conception assure une isolation renforcée entre les parties conductrices et accessibles.

Lors de votre contrôle, vérifiez que chaque appareil de classe I est bien branché sur une prise réellement reliée à la terre. Brancher un lave-linge ou un four métallique sur une prise sans terre constitue un risque sérieux en cas de défaut d’isolement. À l’inverse, évitez de modifier vous-même des appareils de classe II (par exemple en ajoutant une fiche avec borne de terre) au risque de compromettre leur isolation interne. En cas de doute sur la classe d’un équipement, reportez-vous à sa plaque signalétique ou à sa notice d’utilisation.

Contrôle des rallonges électriques et multiprises en cascade

Les rallonges et multiprises sont pratiques, mais elles figurent parmi les principales sources de surcharge et de surchauffe dans les logements. Une multiprise de mauvaise qualité, utilisée en permanence avec plusieurs appareils puissants (radiateurs d’appoint, plaques de cuisson mobiles, grille-pain, bouilloire, etc.) peut rapidement dépasser sa capacité nominale. L’usage de multiprises en cascade (multiprise branchée sur une autre) est particulièrement dangereux et formellement déconseillé par les professionnels.

Faites l’inventaire de vos rallonges et blocs multiprises : éliminez ceux qui ne portent aucun marquage (NF ou CE), qui présentent des traces de jaunissement ou de jeu au niveau des prises, ou qui sont régulièrement tièdes au toucher. Réservez-les à des usages temporaires et pour des appareils de faible puissance. Pour les besoins permanents (poste de travail, coin TV, cuisine), privilégiez la création de nouvelles prises murales par un électricien plutôt que le recours systématique aux rallonges. C’est un investissement modéré par rapport au coût potentiel d’un sinistre.

Inspection des câbles d’alimentation endommagés ou dénudés

Un câble d’alimentation endommagé (gaine abîmée, section écrasée, fils apparents, prise moulée fissurée) est un risque direct d’électrocution ou de court-circuit. Ces détériorations apparaissent souvent sur les appareils fréquemment déplacés (aspirateurs, fers à repasser, petits électroménagers) ou sur les équipements dont le cordon est coincé sous un meuble ou une porte. Un ruban adhésif enroulé autour d’un câble n’est jamais une réparation acceptable : il masque le problème sans le résoudre.

Prenez le temps de vérifier visuellement les câbles des appareils les plus utilisés : pliez-les légèrement pour détecter d’éventuelles fissures de la gaine, contrôlez la solidité de la prise et l’absence de jeu anormal. En cas de défaut, deux solutions : faire remplacer le cordon par un professionnel (lorsque c’est possible) ou remplacer l’appareil. N’oubliez pas que le coût d’un nouveau grille-pain ou d’un aspirateur est dérisoire au regard des conséquences potentielles d’un accident électrique.

Planification de la mise aux normes et recours au diagnostic électrique obligatoire

Après avoir passé en revue votre tableau, vos prises de terre, vos pièces à risque et vos appareils, vous avez sans doute identifié plusieurs points d’amélioration. La question suivante est alors inévitable : par où commencer pour mettre en sécurité ou mettre aux normes votre installation électrique ? Plutôt que d’agir au coup par coup, il est recommandé d’établir un plan d’action hiérarchisé, en priorisant les interventions sur les points les plus critiques pour la sécurité des personnes.

En premier lieu, traitez les urgences : absence de disjoncteur général accessible, installation sans dispositif différentiel 30 mA, absence de terre dans les pièces d’eau, fils dénudés ou en tissu, prises brûlées, utilisations massives de multiprises pour des appareils puissants. Ces éléments relèvent d’une mise en sécurité minimale, telle que préconisée par les organismes spécialisés. Dans un second temps, envisagez une mise en conformité plus globale : remplacement du tableau vétuste, création de circuits dédiés pour les gros appareils, ajout de prises murales, amélioration de la répartition des charges, etc.

Si votre installation a plus de 15 ans et que vous projetez de vendre ou de louer votre logement, la loi impose la réalisation d’un diagnostic électrique. Ce contrôle, effectué par un professionnel certifié, dresse un état des lieux des anomalies présentant un risque pour la sécurité et doit être annexé au dossier de diagnostic technique (DDT). Sa durée de validité est de 3 ans pour une vente et de 6 ans pour une location. Même en dehors de toute transaction immobilière, faire réaliser un diagnostic sécurité par un électricien qualifié peut vous aider à prioriser les travaux et à chiffrer précisément le budget nécessaire.

Enfin, gardez à l’esprit qu’une installation électrique n’est jamais figée. Vos usages évoluent (nouveaux appareils, télétravail, mobilité électrique), les normes aussi. Planifier une vérification complète tous les 10 ans environ, ou à chaque grande étape de vie du logement (rénovation, extension, changement de mode de chauffage), est une bonne pratique pour maintenir durablement un haut niveau de sécurité électrique à la maison.